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Le désir d'enfant, plus fort que tout

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40 ans et des poussières derrière moi, pas de relation stable depuis... ? Un désir d'enfanter, depuis toujours. Et le temps qui passe. 

 

Il arrive une heure où l'on ne peut plus repousser la réflexion, ou plutôt la décision.

Réfléchir est essentiel, mais après ? Car il doit y avoir un après, la réflexion ne peut être un état permanent, et les deux seules réponses concrètes qui suivent sont OUI ou NON. Cela fait peur. C'est radical. C'est une décision qui engage une vie, des vies.

 

Est-ce que je désire vraiment être maman ? Solo ?

 

Les questions se bousculent dans ma tête : est-ce que je le veux profondément ? Est-ce une pression biologique, sociale, familiale ? Est-ce égoïste ? Est-ce que je pourrai assumer financièrement ? Physiquement ? Est-ce raisonnable en ces temps chaotiques ? Est-ce irresponsable, d'un point de vue écologique, éthique, physiologique, et autres mots en ique ? Je m'étouffe dans mon flot de pensées. Lâcher. Tout. Faire taire ma tête et essayer d'entendre à l'intérieur de mon corps la petite voix qui susurre. 

 

Voilà la première étape que j'ai du franchir ; prendre le temps, lent, de la  réflexion, alors que les aiguilles de l'horloge biologique tournaient de plus en plus vite. Cela paraît paradoxal, c'est pourtant le seul moyen de vérifier sa motivation profonde. 

 

C'est nécessaire car le projet peut à priori sembler vertigineux. Il a besoin d'être alimenté par une énergie pure, celle du fond de son être, celle qui donnera la force de franchir chacune des étapes, et particulièrement la première, la plus dure : se dire « j'y vais » et y aller. Quand on décide d'être maman solo, la responsabilité est encore plus grande, l'engagement encore plus fort, il peut faire encore plus peur.

 

Il n'y a pas de recette pour entendre sa petite voix, chacun doit trouver son chemin. Pour ma part, j'ai pris du temps pour moi, habituellement hyper active, pour me poser, méditer, respirer. J'ai fait un travail profond auprès de psys, énergéticiens ; j'ai travaillé à la fois le corps et l'esprit.

Pour qu'à l'arrivée, il n'y ait que moi pour entendre cette petite voix. C'était à moi de décider, à moi seule.

 

Mais ce n'est pas parce que l'on choisit de devenir maman solo

qu'il faut tout faire toute seule !

 

Au contraire ! Ce qui m'a le plus aidé, c'est de rencontrer des femmes qui l'avaient fait.

Lire des articles, suivre des forums, c'était bien, mais il y a trop de distance par rapport au projet. J'ai trouvé dans mon entourage des femmes qui avaient franchi le pas. La première, je l'ai trouvée en discutant avec ma voisine de salle d'attente chez ma gynéco, elle était boulangère et l'une de ses clientes l'avait fait. Elle m'a aussitôt donné son contact, et quelques semaines plus tard, me voilà en terrasse avec Sylvie, 50 ans tout rond, et sa merveilleuse petite fille conçue en Espagne. Quelle joie de les voir vivre, de lui poser plein de questions, concrètes, du nombre de tentatives au budget consacré, en passant par les techniques et ses recommandations, et de voir le rayonnement de cette femme au parcours comme le mien.

C'est véritablement sa rencontre, en personne, devant un café qui m'a poussée à l'action et donné la force de franchir la porte d'une clinique espagnole.

 

J'ai appris tout au long de mon parcours en PMA que ce n'est pas parce que j'ai choisi d'être maman solo que je dois tout faire toute seule. Au contraire ! Je n'ai jamais autant osé demander des appuis, du soutien, très concret ou moral, cela m'a transformée. Pour moi, c'est la deuxième clé du succès, se sentir portée, accompagnée par ceux que l'on a choisi comme « partenaires ». Il n'y a pas de papa ? Il y a d'autres alliances fortes sur lesquelles s'appuyer.

 

Aujourd'hui, mon petit garçon de 9 mois bénéficie de cette ouverture au monde acquise en cheminant vers lui. Quel bonheur !

 

Anne-Claire Mathieu